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    26 février

    les loups

     

    N'ayant pas trouvé d'éditeur pour une petite nouvelle de 40 pages, je passe à un format plus conséquent.

    Allez zou, nous voici à la page 220 à ce jour.
    Les écrits n'étant pas fait pour rester muets (ce qui n'est pas facile vous en conviendrez!), je vous livre les premiers extraits de cette nouvelle plus très fraiche (deux ans déjà...), malgré les températures négatives que l'on retrouvera tout au long du périple. de paul, sylvie christian et grégoire.
    Ah oui, au fait...le titre....vous allez voir que celui là, je l'ai cherché un moment mais que ça valait le coup!
    Allons y...
    titre : Les Loups !
    gonflé non?!!?
    En voici les premiers instants,
    Couvrez vous, il va faire vite froid!

     

     

     

     

     

     

    Les traces laissées par le traîneau attelé à la motoneige s'effaçaient presque immédiatement tellement la neige tombait fort.

    Paul était concentré sur le chemin qui s'ouvrait à la lumière des phares. Il retournait pour la dernière fois au chalet afin d'y ramener les affaires qui y restaient. Il se doutait que c’était a peine raisonnable, Il avait encore une bonne demi heure de trajet. Il n'était que 18 heures mais la nuit était déjà dense. En ralentissant pour prendre la courbe qui menait à l'entrée de la pourvoirie* de Mastakane devant laquelle il fallait mieux passer à cette heure-ci (plutôt que par le raccourci que lui avait montré Sylvie, raccourci qu’elle ratait d’ailleurs trois fois sur quatre) il eut le temps d'apercevoir des traces laissées certainement par une meute de loups. Ils étaient proches, ils rodaient. Son cœur se mit  à battre plus fort.

     Et s'ils étaient au chalet ? Et s'ils attendaient là-bas ?

    Christian avait laissé beaucoup de piéges alentour, au point qu'il avait fallu faire très attention où l'on marchait au premier voyage.

    Mais cela suffirait il?

    Paul se concentra sur sa conduite. Il allait vite et la moindre faute d’inattention pouvait tourner au drame.

    Malgré sa combinaison il sentait que le froid arrivait vite. Quand il avait laissé ses compagnons à presque quarante kilomètres de là, il faisait déjà moins dix degrés.

    Paul calcula dans sa tête. Il venait de passer la borne 127 de la grande trail**. Il lui restait cinq kilomètres. Il faudrait ensuite bifurquer à gauche, puis suivre la sente pendant encore sept kilomètres, pour enfin s'enfoncer dans les sapins. Les trois derniers étaient à faire pratiquement au pas, tellement le passage était étroit. Pendant la dernière partie du tronçon  il était vulnérable, plus encore lorsqu’il descendrait de la motoneige, une fois arrivé a destination. Paul se remit à penser aux loups. Jamais ils ne s'étaient autant approchés des humains depuis dix jours qu'ils étaient là. Même s'ils les avaient beaucoup entendus, ni Paul ni ses compagnons ne les avaient vus. Cependant depuis deux jours les hurlements venaient de toutes les directions. Quelques ombres erraient maintenant presque toutes les nuits. C’est ce qui avait décidés les quatre compagnons à écourter leur séjour. Et Paul qui s'était proposé pour revenir chercher les derniers bagages ! La dernière valise de Sylvie, les duvets, le poste émetteur qui les reliait au monde extérieur et enfin la glacière dans laquelle il restait de la viande d’Orignal fumée, deux ou trois bières et la fin d'un gâteau au chocolat et noix de coco.   

    Il venait de passer une borne kilométrique, il n’avait pas pu voir le numéro, pourtant marqué en rouge. Il ne reconnaissait plus le paysage, il avait été trop loin. Paul freina de toutes ses forces pour faire demi tour. Dans la lumière du projecteur de la motoneige, il aperçut deux points brillants. Il ne s'attarda pas. Il avait un seul kilomètre pour trouver une réponse à cette question : je tourne pour aller au chalet, ou je vais tout droit ? S'il ne bifurquait pas, dans à peine une heure il serait avec ses compagnons. Il pourrait monter dans le 4x4 pour retourner à Saint-Michel passer la nuit dans une chambre d'hôtel, avec un grand lit moelleux et une baignoire accueillante. Paul finissait à peine de s'imaginer en train de se détendre de l’eau bien chaude qu'il se rendit compte qu'il avait déjà emprunté la petite sente qui menait au chalet.

     

     

    *territoire réservé et contrôlé pour la pêche, la chasse et les randonnées en motoneige.

    **route fréquentée par les motoneiges l’hiver et les quad l’été. Une signalisation spéciale y est implantée.

    La neige tombait un peu moins fort. La visière de son casque était légèrement embuée mais il était hors de question de laisser ne serait-ce qu'un filet d'air pénétrer a l’intérieur.

    La semaine précédente, juste avant d'acheter une visière "spéciale grand froid" il s'y était risqué. Il avait eu les cils gelés. Pendant tout le trajet entre le chalet et le réservoir il lui avait été impossible de cligner les yeux. De plus il avait attrapé deux engelures aux pommettes qui lui valaient encore aujourd'hui deux petites marques sur le visage. Alors, depuis, il roulait visière fermée, même si parfois, à cause de la buée, il ne pouvait pas distinguer tout le paysage. Il connaissait suffisamment le trajet maintenant pour avoir des repères sûrs.

    Un sapin penché, une roche d'une forme particulière, une petite clairière, une borne kilométrique, tout était prétexte à se repérer, ce qui d’ailleurs relevait presque de la magie pour Sylvie qui se serait presque perdue dans sa propre maison.

    D'un coup, il regretta de ne pas être venu avec Christian qui aurait pu l'aider au cas où… Il était trop tard pour regretter. De toutes façons, il n’y avait qu’une seule motoneige. Christian avait d’ailleurs insisté pour faire le dernier voyage mais Paul avait été très persuasif.

    Le trajet lui parut loin jusqu'à l'entrée des sapins. D’habitude pourtant Paul prenait ce chemin plus lentement, mais là, cela lui paraissait vraiment interminable. Il se rappelait la grande descente et tout en bas un creux qui devait être le lit d’une petite rivière en été. Encore ce grand virage puis le passage à travers les buissons. Un peu plus loin, la vieille cabane délabrée, sur le côté gauche du chemin, annonçait le dernier kilomètre avant que la piste ne s’engouffre dans les sapins. La première fois qu’il était venu au lac, il se demandait bien où allait Christian qui le précédait. Pour celui qui ne connaissait pas, impossible de deviner qu’il y avait quelque part dans ce bois dense, un grand chalet accueillant. On aurait pu passer des centaines de fois devant sans s’en apercevoir. Seules les traces de la motoneige trahissaient l’entrée, la neige se chargeait d’ailleurs de les effacer régulièrement. 

    Cette fois ci, ce ne fut pas deux points brillants, mais un lapin tout blanc qu'il éclaira de son phare. C'était presque rassurant. Il pénétra sur le sentier à travers les sapins, la gorge serrée.

    Bien que concentré sur le dosage de la gâchette des gaz, Paul se souvint qu'il n'avait pas laissé de bougie allumée en partant. Il avait bien fait de ne pas passer par le lac gelé. Sans lumière dans le chalet il était impossible de le retrouver si on passait par ce coté là, qui avait pourtant l’avantage d’être plus court et moins tortueux. C'était prendre le risque de tourner pendant des heures. De plus il avait vu que par endroit la glace était très fine ce qui pouvait s'avérer dangereux.

    Il s'enfonça encore un peu plus parmi les sapins.

    A chaque virage, derrière chaque arbre, après chaque côte, il s'attendait à voir un loup. Paul savait qu'un loup tout seul fuirait sûrement (du moins, c'est ce qu'ils sont censés faire). Mais s'il y en avait plus ? Pour la première  fois de son séjour Paul aurait voulu être ailleurs. En même temps, il ressentait tellement de sensations nouvelles, de la peur, de l'excitation, de l'émerveillement, de la peur de nouveau…mais pourquoi était-il si loin ce chalet ? Une masse sombre uniquement éclairée par la lune presque voilée apparue enfin au détour de ce qui apparaissait maintenant comme le dernier virage. Le chalet enfin ! Il monta la moto sur le monticule qui donnait accès aux marches de la terrasse, et la mit en position pour repartir. Pour le retour, il couperait par le lac en passant par le ponton.

    Une question des plus stratégique s’imposa d’un seul coup: "je l'éteins le moteur ou bien ?" Finalement après l’avoir coupé, il entra et referma rapidement la porte. Malgré la bûche qui finissait de se consumer dans le poêle en fonte, il faisait déjà très froid à l'intérieur. Un petit coup d'œil sur le thermomètre le lui confirma : Il faisait 4°C. A l'aide de sa lampe torche il chercha les allumettes pour allumer les deux bougies qui étaient restées sur le plan de travail.

    Ils avaient consommé beaucoup de bois pendant ces dix jours. Du bois fendu à la force des bras, exercice quotidien qui rythmait depuis le début, les matinées au chalet. En plus du bois, il avait fallu compter sur le chauffage d'appoint alimenté, lui, au kérosène. Presque vingt litres avaient été utilisés. Tout ça pour maintenir une température d'à peine 19°C qui pouvait redescendre à deux ou trois degrés dans la nuit si personne ne se réveillait pour alimenter le poêle.  

    La valise de Sylvie était encore au pied du lit dans la chambre du bas. Il la ramena près de la porte. En jetant un coup d'œil par la baie vitrée de la salle à manger il aperçut un animal qui approchait. Bien qu'il n'en ait vu qu'en photo, Paul était sûr qu'il s'agissait d'un lynx, un animal solitaire par nature. Après quelques longues secondes d’hésitation, il sortit sur la terrasse et comme pour combattre sa peur il poussa un grand cri. La pauvre bête, surprise et affolée, détala sans demander son reste. Paul regarda alentour et avant de refermer la porte promptement, il jeta à une assemblée potentielle un : " C'est compris les loups ?! "

    Il tremblait; le froid ou la peur; les deux peut-être. Il tenta de se calmer et ramena près de la sortie le plus rapidement qu'il put la glacière ainsi que le carton contenant le poste émetteur. Sur la petite table du salon il aperçut la pochette du CD de Luce Dufaut que Sylvie avait oubliée. Il la ramassa et la rangea tel quel dans le carton. Le CD devait être resté dans le lecteur portable, qui lui, avait bien usé une douzaine de piles. Il plia comme il pu les quatre duvets qui restaient sur le lit dans le grand container en plastique, et le referma. Par habitude et par peur d'oublier quelque chose il refit le tour de toutes les pièces. Enfin, il monta dans la mezzanine. Rien à signaler si ce n’est un paquet de piles usagées qui avaient servi pour l’appareil photo numérique de Sylvie (photos qu’elle avait d’ailleurs effacées en voulant les regarder!)

    Il fallait maintenant tout transférer dans le traîneau. Paul essaya de visualiser la façon la plus sûre et surtout la plus rapide de fixer les derniers bagages qui restaient. La valise et le container iraient dans le traîneau, attachés tant bien que mal en passant un tendeur araignée dans toutes les poignées disponibles. Le carton du poste émetteur devrait tenir sur le porte bagage coincé derrière le bidon d'essence. La glacière… où irait-elle?.... en plus elle ferme mal !

    Paul se décida pour la place du passager. Deux tendeurs passés de part et d'autre devraient faire l'affaire. Bonne nouvelle, la neige ne tombait plus. Mauvaise nouvelle, un gros nuage venait de masquer la lune. Le peu de luminosité restant venait de disparaître. Cela compliquerait la tâche pour se repérer sur le lac. Qu'importe, il fallait rentrer maintenant, enfin sortir plutôt. Paul devait faire au moins trois navettes, rester accroupi dehors, se concentrer en même temps sur la solidité des attaches de chaque objet, et surveiller alentour l'éventuelle arrivée d'animaux.

    Surtout le lac.

    C'est par là qu'ils étaient venus ce matin, une bonne dizaine de loups qui s'étaient approchés presque jusqu'au ponton.

    Premier voyage: la valise de Sylvie et le container des duvets. Sans réfléchir d'avantage, Paul ouvrit la porte, prit la valise d'une main le container de l'autre, dévala les marches, se jeta à genoux dans la neige, mit les deux paquets sans ménagement  dans le traîneau et s'activa à les attacher du mieux qu'il pu. Il trouva satisfaisant son système de fixation et encore plus satisfaisant le peu de temps qu'il avait mis à le mettre en place.

    Quand il rentra pour prendre le carton de l'émetteur il eut la plus grosse peur de sa vie. Il avait eu beau regarder le plus souvent possible vers le lac ainsi que dans la direction du petit chemin par lequel il était arrivé, a droite du chalet, il n'avait pas eu la présence d'esprit de jeter un œil complètement derrière lui précisément là où se trouvait la porte d'entrée restée ouverte.

    Le loup était très haut sur pattes et assez maigre, il avait la tête plongée dans la glacière. La situation résolvait d'un coup le problème de cette dernière. Elle resterait ici ! Paul était en train de se demander, étant donné que le loup ne semblait pas gêné par sa présence, s’il prenait le risque de prendre l'émetteur. Il n'eut pas le loisir de pousser plus avant sa réflexion…

     

     

    Quel suspens hein!!

     

    On s'arrête là pour aujourd'hui...

     

    pour la suite....ben...on va attendre un peu, pas tout le même jour quand même!!

     

    Mais rassurez vous, ca fini bien!!

     

    Allez zou, bonne journée tout le monde

     
     
     

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